Le livre du thé // Okakura Kakuzô

Le livre du thé // Okakura Kakuzô

« Aujourd’hui, et ce sur toute la planète, l’industrialisme rend le véritable raffinement toujours plus inaccessible. Jamais l’homme n’a eu autant besoin de la chambre de thé ! » ce qui était vrai il y a plus d’un siècle au moment où Okakura Kakuzô écrit ces lignes, l’est d’autant plus aujourd’hui.

Okakura nous offre dans cet ouvrage une initiation à la conception japonaise de la vie à travers la cérémonie du thé. Cependant, l’auteur tient surtout à montrer sa valeur universelle. Il s’adresse tout particulièrement à un public occidental et dès les premières pages le lecteur est prévenu  « Je n’ai nullement l’intention d’être un théiste poli ». Il commence par le bousculer et lui reproche son ignorance et son arrogance.

Il est ensuite amené à expliquer les différentes façons de préparer ce breuvage exceptionnel. Au delà de la préparation du thé, sont évoqués ici plusieurs courants philosophiques, le Zen, le Bouddhisme, le Taoïsme, le Confucianisme… il nous ouvre ainsi les yeux sur l’immensité des conceptions de la vie.

Ce petit ouvrage a été destiné à un public européen à une époque où le Japon commençait à s’ouvrir au monde. Une vision idéalisée de la culture asiatique avec son raffinement extrême est présentée ici en opposition à la culture Occidentale. Toutefois aujourd’hui, que reste de la chambre du Thé dans le Japon actuel? L’une des plus grandes puissances mondiales, lancée elle aussi dans la course effrénée au développement « Le ciel de l’humanité moderne s’est brisé en éclats dans la lutte cyclopéenne pour la richesse et la puissance. »

« Mais en attendant… si nous savourions une tasse de thé ? »

 

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Un petit rien du tout doublé de satin rose // Natacha SOFIA

Un petit rien du tout doublé de satin rose // Natacha SOFIA

 

Quiterie, une jeune fille sympathique et paumée, nous entraîne au travers de son histoire d’amour naissante, à la découverte de la famille de Beaumanière, de leur univers et de leurs secrets.

Il est question d’amour et d’humour, d’amitié, de filiation et de transmission.

La question centrale est celle de l’héritage familial au sens large et de ce que l’on en fait. Peut-on s’émanciper de sa lignée sans trahir, peut-on rester fidèle à son clan tout en restant soi-même ? Quiterie et ses nouveaux amis seront-ils assez créatifs et sages pour s’inventer un avenir à leur image ?

 

Natasha Sofia que nous connaissons grâce à son blog https://loufoxinloveblog.wordpress.com/ a publié son premier livre et a gentiment partagé son livre avec nous.

Quiterie rencontre Kevin pendant une journée d’orage et c’est littéralement le coup de foudre. Elle va peu à peu faire la connaissance de la famille De Beaumanière. Quiterie va être confrontée à cette famille de notables avec un riche héritage et leurs lots de secrets. Elle va également être confrontée à elle même et ses vieilles blessures, elle qui a tant manqué d’amour et souffert de l’absence de ses parents.

Natacha Sofia a une jolie plume et son humour vient égayer cette histoire. Quiterie sensible et rebelle et assez attachante. Cependant, certaines choses paressent gênantes  dans l’histoire.

Difficulté à identifier l’époque

L’écriture de l’auteur, l’utilisation de termes désuets font penser que l’histoire se déroule peut être au début ou milieu du XX ème siècle. On est forcément un peu surpris lorsque des expressions comme « business plan » et les portables font leur apparition dans ce récit. Le métier de Kevin est aussi mal définit, Quiterie le rencontre pour la première fois dans une « boutique » entouré de plantes, une herboristerie à l’ancienne. On apprend plus tard que Kevin a eu un CAP et a ensuite fait « Pharma » ce qui fait de lui un Pharmacien qui travaille dans une Officine ou une Pharmacie et donc pas une boutique.

Les dialogues: le plus difficile dans l’écriture d’un roman

Les dialogues permettent de donner vie aux personnages, c’est une partie critique d’un livre. Les dialogues tiennent une place prépondérante dans ce récit. Mal dosés et parfois décousus, on a l’impression qu’ils desservaient  l’intrigue.

En tout cas félicitations à Natasha pour son premier roman, on vous invite à lire son blog et découvrir l’étrange secret qui entoure ce petit objet « Un petit rien du tout doublé de satin rose » qui se transmet entre femmes.

« C’est un porte-bonheur, chacune de celles à qui il a été confié l’a chargé d’une bénédiction au moment même où elle l’a cédé»

 

Les gens heureux lisent et boivent du café// Agnès Martin-Lugand

Les gens heureux lisent et boivent du café// Agnès Martin-Lugand

Les gens heureux lisent et boivent du café, un titre merveilleux rempli de belles promesses. Ce livre est notre tout premier contact avec Agnès Martin-Lugand qui ne cesse de séduire de nouveaux lecteurs. L’histoire commence brutalement, Diane a perdu son mari et sa fille dans un accident de voiture. Un an plus tard, elle est toujours dévastée, ne sort plus, fume énormément et sa maison s’est transformée en dépotoir. Elle se souvient alors que Colin, son mari perdu, aimait l’Irlande. Elle décide alors de quitter Paris, son café littéraire et part s’y réfugier.

Les premières pages du livre laissaient présager un récit sur le deuil et décrivent de manière poignante la tristesse de Diane. Cette femme inconsolable qui a tant perdu en un instant. Malgré un énorme sentiment de déjà-vu, le début de cette histoire est plaisant. Tout se gatte avec l’arrivée du voisin Irlandais taciturne, Edward. Dès son entrée en scène, on se retrouve empêtré dans un jeu du chat et de la souris entre les deux protagonistes. On suit une histoire d’amour prévisible qui manque totalement de crédibilité. Les personnages sont insipides et les dialogues sont d’une banalité rare.

On ressort de cette lecture déçues, avec un sentiment de gâchis, le personnage de Diane à qui on s’attache au départ perd son intérêt au fil de lecture. On ne retiendra pas grand chose de ce livre sinon que les gens ne sont pas très heureux, qu’ils fument et boivent beaucoup trop et ne lisent pas grand chose.

PS: Une suite de ce roman est sortie mais nous n’avons pas réellement l’envie de retrouver Diane

« Ils étaient partis en chahutant dans l’escalier. J’avais appris qu’ils faisaient encore les pitres dans la voiture, au moment où le camion les avait percutés. Je m’étais dit qu’ils étaient morts en riant. Je m’étais dit que j’aurais voulu être avec eux »

Une chanson douce // Leïla Slimani

Une chanson douce // Leïla Slimani

Les prix littéraires ont le mérite de mettre en lumière une œuvre, un écrivain. C’est d’autant plus vrai pour Leïla Slimani cette année et tout le monde semble avoir un avis très arrêté sur ce livre et sur la question de savoir s’il mérite ou non le prix Goncourt.

Ce qui est certain c’est que ce fut un de ces livres totalement envoutants que l’on lit d’une seule traite. L’intrigue du livre est pourtant banale, Myriam et Paul partent à la recherche d’une nounou, celle à qui ils pourront confier ce qu’ils ont de plus précieux. Ils finissent par tomber sur la perle rare, Louise, méticuleuse, parfaite puis omniprésente, inquiétante. Le malaise s’installe dans la petite famille, son emprise est trop forte, la Louise serviable et corvéable à merci devient effrayante.

Dans chanson douce, Leïla Slimani explore cette relation si particulière entre des parents et une nourrice. Une relation forcément asymétrique, la rencontre de deux classes sociales de deux mondes différents. La toute première phrase ne laisse aucun doute sur l’issue tragique de l’histoire. Le personnage de Louise est complexe, ses motivations ne sont jamais explicitement exposées. Le lecteur s’accroche au moindre petit détail de son passé pour la comprendre, pour donner un sens à son geste terrible.

Leïla Slimani, nous offre un conte moderne effrayant, dont la force réside dans son écriture  fluide et efficace.

« Elle marchait dans la rue comme dans un décor de cinéma dont elle aurait été absente, spectatrice invisible du mouvement des hommes. Tout le monde semblait avoir quelque part où aller »

La flèche du Scythe // Chroniques merveilleuses T1. Sébastien Morgan

ob_db9766_la-fleche-du-scythe-c1-6x9IIIe siècle après JC, l’Empire Romain est assiégé de toute part. Chaque jour, les peuples barbares resserrent un peu plus leur étau. Des rumeurs font état d’une alliance possible entre les peuples goths autour du descendant d’Arminius, célèbre vainqueur des légions lors de la bataille de Teutobourg. Yares, un auxiliaire scythe est envoyé pour trouver et assassiner ce nouveau roi barbare.

L’éclaireur pénètre dans la grande forêt alors que des forces surnaturelles s’éveillent…

Yares en contrariant les plans de la puissante sorcière Alara ne mesure pas le danger auquel il s’expose. La sorcière jura de se venger et ne cessera de le tourmenter des années durant.  Alors que l’on n’attend qu’une seule chose,  la confrontation entre Yares et Alara, l’auteur nous entraîne dans d’autres récits. Au moyen d’une narration alternée, l’auteur va développer plusieurs histoires en parallèle et introduire une variété de personnages tout aussi passionnants, Mercurius jeune et téméraire, Tarquini déterminé et cruel et bien d’autres qui on l’espère seront développés dans de prochains tomes.

On se sent totalement immergée dans la Rome antique, puissante et excessive avec son goût immodéré pour l’argent, la conquête et le sang. L’auteur mêle l’histoire de Rome, magie, mythologie, un mélange à priori déroutant mais qui fonctionne tout à fait. Les passages avec les Minotaures, Gryphons et autres créatures magiques seront un régal pour tout amateur du genre.

La littérature fantastique a tout simplement besoin de ce livre, surprenant, quelque part entre le roman historique et le roman fantastique. L’intrigue est complexe, les personnages sont attachants y compris la sorcière Alara car sa colère est l’expression de sa douleur, de la perte de l’être le plus cher à ses yeux. Les scènes violentes ne sont jamais gratuites, les scènes de combats ne s’étalent pas sur des pages et des pages, tout est parfaitement dosé. Sébastien Morgan sait ménager le suspens jusqu’à la dernière ligne qui vous laissera sans voix.

Au delà d’un récit d’aventure palpitant, le livre nous offre une véritable réflexion sur la citoyenneté. Le dévouement de Yares pour l’empire Romain est sans limite, son talent de guerrier et son courage font de lui un soldat indispensable. Malgré son courage et ses qualités indiscutables, le traitement que lui réserve certains puissants Romains est révoltant, il reste à leurs yeux un sauvage, un citoyen de seconde zone.

Nous remercions Sébastien Morgan pour nous avoir fait découvrir son premier livre. Le livre reçoit un très bon accueil, amplement mérité et on espère qu’il sera le premier tome d’une longue série passionnante.

La sorcière se redressa et sa voix retentit dans la clairière et aux alentours. Une voix profonde et grave, haineuse et puissante.

-Maudits!! je vous maudis tous!!! je vous retrouverai archers assassins!!! même si vous fuyez jusqu’aux confins du monde, je vous retrouverai!!!

Comment devenir le prochain Steig Larson?

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Le succès des polars suédois ne se dément pas et ce petit ouvrage vous aidera  à coup sûr à écrire le prochain best-seller. Henrik Lange met en scène son personnage principal Åke Larson, une caricature de l’enquêteur suédois, chargé de découvrir qui a tué une fillette et son moniteur d’équitation. L’auteur/ dessinateur vous montre comment construire pas à pas un polar palpitant.

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Inutile de tourner autour du pot! Écrire un Polar se résume en une phrase: « Quelqu’un est mort et quelqu’un d’autre doit découvrir pourquoi ». Pour vous garantir le succès, il vous suffira alors de reprendre soigneusement tous les éléments de la recette gagnante d’un polar made in Sweden: des personnages charismatiques, ménager un suspens intenable, surtout ne pas tout révéler (laissez en un peu pour une éventuelle suite) et toujours TOUJOURS garder en tête le but ultime, le  Graal: l’adaptation cinématographique.

Ce livre très drôle et au concept original renferme quelques belles surprises, notamment quelques pages nommées «Classique du polar suédois à l’usage des personnes pressées». En seulement quatre vignettes, il condense l’intrigue des plus célèbres polars suédois, ce qui ne manquera pas de faire sourire les amateurs du genre. Comment écrire un polar suédois sans se fatiguer n’est en aucun cas une critique et n’apporte rien de plus qu’un moment de détente.

Ce qui nous semblait être le moins réussi était le style des dessins « faussement simplistes » diront certains (un peu cra-cra à notre goût) mais le but étant évidemment de ne pas trop se fatiguer, les dessins collent donc tout à fait au thème du livre.

 

« Compte tenu du fait que la lune était pleine, que l’échoppe de hot dogs était fermée et que le meurtre s’est produit la seule nuit où Pewdiepie n’était pas connecté, le tueur que vous recherchez doit être très jeune et nourrir un fort intérêt pour les animaux quadrupèdes. »

Top 5 Wednesday

Le  top 5 Wednesday est proposé par Goodreads et le thème de cette semaine est de citer cinq tendances littéraires qui nous fatiguent!

1/  50 Nuances de Grey

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Ce qui est le plus gênant dans ce véritable phénomène n’est pas la dimension érotique, ou l’écriture très particulière de E.L.James mais plutôt le profil des personnages principaux. L’homme riche, puissant et la fille quelconque qui finalement va bouleverser la vie de cet homme.

Ce schéma est classique, vu et revu, avec 50 nuances de Grey on pouvait penser qu’un livre érotique plébiscité par les femmes serait une bonne chose, qu’il viendrait bousculer quelques clichés mais bien au contraire, il ne fait que les renforcer.


2/ Les triangles amoureux

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Que serait un livre Young Adult sans une bonne histoire sur un triangle amoureux? C’est à croire que les auteurs de ce genre en particulier sont incapables d’écrire une histoire sans qu’une fille ne soit tiraillée par son amour pour deux hommes. Alors vous êtes Team Edward ou Team Jacob?


3/ Les dystopies

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1998 de Georges Orwell est assurément un chef d’œuvre, un de ces livres qui ne vous quittent jamais. Cependant, depuis la sortie de Hunger Games, la dystopie est un genre surexploité. Prenez une dystopie, ajoutez un triangle amoureux, n’oubliez surtout pas la personnage masculain beaux et ténébreux et vous tenez surement le prochain succès en librairie. C’est une caricature un peu grossière mais c’est l’impression que laissent certains livres.


4/ Les happy endings

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Un livre n’a pas forcément besoin d’une fin tragique et très théâtrale pour marquer les esprits. Toutefois certains auteurs usent d’énormément d’artifices pour que tout soit au mieux dans le meilleur des mondes. Le dernier tome de la saga Twilight en est l’exemple parfait. Stephenie Meyer invente une histoire improbable d’imprégnation car il ne faut pas surtout pas contrarier Bella qui doit obtenir tout ce qu’elle désire.

(On pourrait également citer Harry Potter mais par mauvaise fois, on ne le fera pas; On ne touche pas à Harry Potter)


5/ Sorcier,vampire et loup garoux

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Il y a tellement de livres à découvrir et on a tout simplement plus envie de relire la même histoire, pour le moment en tout cas.