Challenge // Raconte moi l’Asie

Challenge // Raconte moi l’Asie

Challenge en cours: un petit mot sur un challenge qui a attiré notre attention sur Livraddict. Le but étant de découvrir l’Asie à travers la littérature.

En début de challenge on choisit un échelon et des options.

Échelon 1 : Voyage en Asie – au moins 10 livres
Échelon 2 : Petit dépaysement – au moins 20 livres
Échelon 3 : Plongée vers le soleil levant – au moins 30 livres
Échelon 4 : Immersion asiatique – au moins 40 livres
Échelon 5 : Absorption dans un nouveau monde – au moins 50 livres
Échelon 6 : Fusion avec une nouvelle culture – au moins 60 livres
Échelon 7 : Je lis donc je chronique – au moins 80 livres
Échelon 8 : Synchronisation avec la page – au moins 100 livres

Option A : spécialiste d’un pays : Vous pouvez choisir, en plus de votre échelon, de vous spécialiser dans un pays en particulier (Vous devrez préciser le pays choisi lors de l’inscription).
Option B : spécialiste Asie de l’Est (Au moins un livre lu pour chacun des pays suivants : Chine, Japon, Corée et Mongolie)
Option C : spécialiste Asie du Sud Est (Au moins un livre lu pour chacun des pays suivants : Vietnam, Malaisie, Thaïlande)
Option D : spécialiste Asie Centrale (Au moins un livre lu pour chacun des pays suivants : Afghanistan, Pakistan, Inde)

Nous avons pour l’instant choisi de commencer avec dix livres et une option Asie de l’Est!

  1. L’étrange bibliothèque // Haruki Murakami
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L’étrange bibliothèque // Haruki Murakami

L’étrange bibliothèque // Haruki Murakami

Onirique,  voilà le mot qui revient toujours quand quelqu’un essaye de décrire l’écriture de Haruki Murakami, ce que nous avons interprété pendant très longtemps comme snob ou à mourir d’ennui! Non, merci! Sans compter qu’avec des dizaines de romans, de nouvelles et d’essais c’est l’un des auteurs les plus prolifiques et on ne savait pas par quel bout l’attaquer!

Mais voilà qu’arrive cette petite nouvelle ou livre graphique, L’étrange bibliothèque! Elle a tout pour séduire, une soixantaine de pages, des illustrations soignées, l’idéal pour faire connaissance avec Haruki Murakami!

Tout commence par une scène banale, un jeune garçon se rend à sa librairie  afin de rendre des livres empruntés. Il ressens immédiatement quelque chose d’inhabituel «La librairie était beaucoup plus silencieuse qu’à l’ordinaire» Alors qu’il veut emprunter un nouveau livre, la bibliothécaire lui indique une porte au sous-sol; la porte 107.

Dans ce mystérieux sous sol il se retrouve aux mains d’un drôle de trio, un vieillard cruel, un Homme-mouton et une jeune fille muette. Le fantastique surgit au milieu d’une scène banale et c’est d’autant plus déroutant que la fracture entre le rationnel et l’irrationnel se situe dans une bibliothèque. La bibliothèque est ce lieu de savoir, le lieu qui renferme la vérité et où notre jeune héro vient se renseigner sur des sujets aussi tangibles que  Comment construire un sous-marin ou le système de collecte d’impôts dans l’Empire Ottoman.

On ressort de cette lecture enchantées mais avec l’impression de ne pas avoir tout saisi! L’envie tout de même de découvrir d’autres œuvres de Murakami! Au final, une lecture étonnante, une atmosphère anxiogène que l’illustratrice Kat Menschik a su retranscrire avec perfection.

«Je frappai à la porte, un toc-toc parfaitement ordinaire, pourtant résonnèrent alors partout alentour des échos sinistres, comme si j’avais cogné à la porte de l’Enfer à l’aide d’une batte de base-ball. Je me retournai, pris d’une forte envie de m’en aller et de rentrer chez moi. Mais je ne m’enfuis pas. J’étais discipliné. Quand on a frappé à une porte, on doit attendre qu’on vous réponde»

Frappe-toi le cœur // Amélie Nothomb

Frappe-toi le cœur // Amélie Nothomb

« Frappe toi le cœur, c’est là qu’est le génie » Alfred de Musset, une simple citation en guise de quatrième de couverture, Amélie Nothomb n’a plus besoin de présentation.

Amélie Nothomb, sa singularité et sa ponctualité ont un côté réconfortant. Nous n’avons pas été séduites par l’ensemble de son œuvre, certains de ses livres nous ont laissé perplexes. Cependant, Frappe-toi le cœur fait partie de ses meilleurs romans.

L’auteure nous offre un roman particulièrement sombre. On assiste impuissants aux efforts désespérés d’une enfant Diane pour susciter l’amour de sa mère, une mère jalouse de son propre enfant. Elle balaie l’idée de l’aspect inconditionnel de l’amour maternelle, le plus cruel étant que Marie, la mère, ne réserve ce traitement qu’à un seul de ses enfants.

La maternité, l’enfance ainsi que l’amitié sont au cœur de ce récit. Des thèmes chers à Amélie Nothomb qu’elle ne fera qu’effleurer. Pas question de s’étaler pendant des centaines de pages. Le livre est court comme attendu, les personnages sont presque caricaturaux: la « déesse » belle et glaciale, le pharmacien de bonne famille, le surdoué au troubles autistiques… ce livre ne fera certainement pas changer d’avis ses détracteurs qui lui reprochent une sorte de paresse.

Pour notre part, Amélie Nothomb reste une auteure incontournable de la rentrée littéraire que nous retrouvons année après année avec un plaisir certain.

«Il apparaissait maintenant à Diane que le mépris était pire que la haine. Celle-ci est proche de l’amour, quand le mépris lui est étranger»

 

Le livre du thé // Okakura Kakuzô

Le livre du thé // Okakura Kakuzô

« Aujourd’hui, et ce sur toute la planète, l’industrialisme rend le véritable raffinement toujours plus inaccessible. Jamais l’homme n’a eu autant besoin de la chambre de thé ! » ce qui était vrai il y a plus d’un siècle au moment où Okakura Kakuzô écrit ces lignes, l’est d’autant plus aujourd’hui.

Okakura nous offre dans cet ouvrage une initiation à la conception japonaise de la vie à travers la cérémonie du thé. Cependant, l’auteur tient surtout à montrer sa valeur universelle. Il s’adresse tout particulièrement à un public occidental et dès les premières pages le lecteur est prévenu  « Je n’ai nullement l’intention d’être un théiste poli ». Il commence par le bousculer et lui reproche son ignorance et son arrogance.

Il est ensuite amené à expliquer les différentes façons de préparer ce breuvage exceptionnel. Au delà de la préparation du thé, sont évoqués ici plusieurs courants philosophiques, le Zen, le Bouddhisme, le Taoïsme, le Confucianisme… il nous ouvre ainsi les yeux sur l’immensité des conceptions de la vie.

Ce petit ouvrage a été destiné à un public européen à une époque où le Japon commençait à s’ouvrir au monde. Une vision idéalisée de la culture asiatique avec son raffinement extrême est présentée ici en opposition à la culture Occidentale. Toutefois aujourd’hui, que reste de la chambre du Thé dans le Japon actuel? L’une des plus grandes puissances mondiales, lancée elle aussi dans la course effrénée au développement « Le ciel de l’humanité moderne s’est brisé en éclats dans la lutte cyclopéenne pour la richesse et la puissance. »

« Mais en attendant… si nous savourions une tasse de thé ? »

 

Un petit rien du tout doublé de satin rose // Natacha SOFIA

Un petit rien du tout doublé de satin rose // Natacha SOFIA

 

Quiterie, une jeune fille sympathique et paumée, nous entraîne au travers de son histoire d’amour naissante, à la découverte de la famille de Beaumanière, de leur univers et de leurs secrets.

Il est question d’amour et d’humour, d’amitié, de filiation et de transmission.

La question centrale est celle de l’héritage familial au sens large et de ce que l’on en fait. Peut-on s’émanciper de sa lignée sans trahir, peut-on rester fidèle à son clan tout en restant soi-même ? Quiterie et ses nouveaux amis seront-ils assez créatifs et sages pour s’inventer un avenir à leur image ?

 

Natasha Sofia que nous connaissons grâce à son blog https://loufoxinloveblog.wordpress.com/ a publié son premier livre et a gentiment partagé son livre avec nous.

Quiterie rencontre Kevin pendant une journée d’orage et c’est littéralement le coup de foudre. Elle va peu à peu faire la connaissance de la famille De Beaumanière. Quiterie va être confrontée à cette famille de notables avec un riche héritage et leurs lots de secrets. Elle va également être confrontée à elle même et ses vieilles blessures, elle qui a tant manqué d’amour et souffert de l’absence de ses parents.

Natacha Sofia a une jolie plume et son humour vient égayer cette histoire. Quiterie sensible et rebelle et assez attachante. Cependant, certaines choses paressent gênantes  dans l’histoire.

Difficulté à identifier l’époque

L’écriture de l’auteur, l’utilisation de termes désuets font penser que l’histoire se déroule peut être au début ou milieu du XX ème siècle. On est forcément un peu surpris lorsque des expressions comme « business plan » et les portables font leur apparition dans ce récit. Le métier de Kevin est aussi mal définit, Quiterie le rencontre pour la première fois dans une « boutique » entouré de plantes, une herboristerie à l’ancienne. On apprend plus tard que Kevin a eu un CAP et a ensuite fait « Pharma » ce qui fait de lui un Pharmacien qui travaille dans une Officine ou une Pharmacie et donc pas une boutique.

Les dialogues: le plus difficile dans l’écriture d’un roman

Les dialogues permettent de donner vie aux personnages, c’est une partie critique d’un livre. Les dialogues tiennent une place prépondérante dans ce récit. Mal dosés et parfois décousus, on a l’impression qu’ils desservaient  l’intrigue.

En tout cas félicitations à Natasha pour son premier roman, on vous invite à lire son blog et découvrir l’étrange secret qui entoure ce petit objet « Un petit rien du tout doublé de satin rose » qui se transmet entre femmes.

« C’est un porte-bonheur, chacune de celles à qui il a été confié l’a chargé d’une bénédiction au moment même où elle l’a cédé»

 

Les gens heureux lisent et boivent du café// Agnès Martin-Lugand

Les gens heureux lisent et boivent du café// Agnès Martin-Lugand

Les gens heureux lisent et boivent du café, un titre merveilleux rempli de belles promesses. Ce livre est notre tout premier contact avec Agnès Martin-Lugand qui ne cesse de séduire de nouveaux lecteurs. L’histoire commence brutalement, Diane a perdu son mari et sa fille dans un accident de voiture. Un an plus tard, elle est toujours dévastée, ne sort plus, fume énormément et sa maison s’est transformée en dépotoir. Elle se souvient alors que Colin, son mari perdu, aimait l’Irlande. Elle décide alors de quitter Paris, son café littéraire et part s’y réfugier.

Les premières pages du livre laissaient présager un récit sur le deuil et décrivent de manière poignante la tristesse de Diane. Cette femme inconsolable qui a tant perdu en un instant. Malgré un énorme sentiment de déjà-vu, le début de cette histoire est plaisant. Tout se gatte avec l’arrivée du voisin Irlandais taciturne, Edward. Dès son entrée en scène, on se retrouve empêtré dans un jeu du chat et de la souris entre les deux protagonistes. On suit une histoire d’amour prévisible qui manque totalement de crédibilité. Les personnages sont insipides et les dialogues sont d’une banalité rare.

On ressort de cette lecture déçues, avec un sentiment de gâchis, le personnage de Diane à qui on s’attache au départ perd son intérêt au fil de lecture. On ne retiendra pas grand chose de ce livre sinon que les gens ne sont pas très heureux, qu’ils fument et boivent beaucoup trop et ne lisent pas grand chose.

PS: Une suite de ce roman est sortie mais nous n’avons pas réellement l’envie de retrouver Diane

« Ils étaient partis en chahutant dans l’escalier. J’avais appris qu’ils faisaient encore les pitres dans la voiture, au moment où le camion les avait percutés. Je m’étais dit qu’ils étaient morts en riant. Je m’étais dit que j’aurais voulu être avec eux »

Une chanson douce // Leïla Slimani

Une chanson douce // Leïla Slimani

Les prix littéraires ont le mérite de mettre en lumière une œuvre, un écrivain. C’est d’autant plus vrai pour Leïla Slimani cette année et tout le monde semble avoir un avis très arrêté sur ce livre et sur la question de savoir s’il mérite ou non le prix Goncourt.

Ce qui est certain c’est que ce fut un de ces livres totalement envoutants que l’on lit d’une seule traite. L’intrigue du livre est pourtant banale, Myriam et Paul partent à la recherche d’une nounou, celle à qui ils pourront confier ce qu’ils ont de plus précieux. Ils finissent par tomber sur la perle rare, Louise, méticuleuse, parfaite puis omniprésente, inquiétante. Le malaise s’installe dans la petite famille, son emprise est trop forte, la Louise serviable et corvéable à merci devient effrayante.

Dans chanson douce, Leïla Slimani explore cette relation si particulière entre des parents et une nourrice. Une relation forcément asymétrique, la rencontre de deux classes sociales de deux mondes différents. La toute première phrase ne laisse aucun doute sur l’issue tragique de l’histoire. Le personnage de Louise est complexe, ses motivations ne sont jamais explicitement exposées. Le lecteur s’accroche au moindre petit détail de son passé pour la comprendre, pour donner un sens à son geste terrible.

Leïla Slimani, nous offre un conte moderne effrayant, dont la force réside dans son écriture  fluide et efficace.

« Elle marchait dans la rue comme dans un décor de cinéma dont elle aurait été absente, spectatrice invisible du mouvement des hommes. Tout le monde semblait avoir quelque part où aller »