L’étrange bibliothèque // Haruki Murakami

L’étrange bibliothèque // Haruki Murakami

Onirique,  voilà le mot qui revient toujours quand quelqu’un essaye de décrire l’écriture de Haruki Murakami, ce que nous avons interprété pendant très longtemps comme snob ou à mourir d’ennui! Non, merci! Sans compter qu’avec des dizaines de romans, de nouvelles et d’essais c’est l’un des auteurs les plus prolifiques et on ne savait pas par quel bout l’attaquer!

Mais voilà qu’arrive cette petite nouvelle ou livre graphique, L’étrange bibliothèque! Elle a tout pour séduire, une soixantaine de pages, des illustrations soignées, l’idéal pour faire connaissance avec Haruki Murakami!

Tout commence par une scène banale, un jeune garçon se rend à sa librairie  afin de rendre des livres empruntés. Il ressens immédiatement quelque chose d’inhabituel «La librairie était beaucoup plus silencieuse qu’à l’ordinaire» Alors qu’il veut emprunter un nouveau livre, la bibliothécaire lui indique une porte au sous-sol; la porte 107.

Dans ce mystérieux sous sol il se retrouve aux mains d’un drôle de trio, un vieillard cruel, un Homme-mouton et une jeune fille muette. Le fantastique surgit au milieu d’une scène banale et c’est d’autant plus déroutant que la fracture entre le rationnel et l’irrationnel se situe dans une bibliothèque. La bibliothèque est ce lieu de savoir, le lieu qui renferme la vérité et où notre jeune héro vient se renseigner sur des sujets aussi tangibles que  Comment construire un sous-marin ou le système de collecte d’impôts dans l’Empire Ottoman.

On ressort de cette lecture enchantées mais avec l’impression de ne pas avoir tout saisi! L’envie tout de même de découvrir d’autres œuvres de Murakami! Au final, une lecture étonnante, une atmosphère anxiogène que l’illustratrice Kat Menschik a su retranscrire avec perfection.

«Je frappai à la porte, un toc-toc parfaitement ordinaire, pourtant résonnèrent alors partout alentour des échos sinistres, comme si j’avais cogné à la porte de l’Enfer à l’aide d’une batte de base-ball. Je me retournai, pris d’une forte envie de m’en aller et de rentrer chez moi. Mais je ne m’enfuis pas. J’étais discipliné. Quand on a frappé à une porte, on doit attendre qu’on vous réponde»

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Tranchant de lune et autres nouvelles contemporaines chinoises

Tranchant de lune couverture
Tranchant de Lune

Il ne faut pas juger un livre à sa couverture certes, mais certaines couvertures réussissent à attirer notre attention, nous intriguent et nous invitent à les regarder d’un peu plus près. L’édition Ming Books a publié en Janvier 2016 un de ces objets élégants que l’on désire avoir dans sa bibliothèque.

Le coffret contient une sélection de nouvelles d’auteurs contemporains chinois qui ont été traduites en français, dans le cadre du Concours International de Traduction de Chine en 2013. On se disait bien que ce coffret était bien joli, et bien maintenant nous savons qu’il a est réalisé dans le but même de séduire. Le concours témoigne d’un phénomène assez récent, une volonté de promouvoir la culture chinoise.

Ces récits sont essentiellement des portraits réalistes de personnages issus de la classe populaire. On y retrouve des mineurs, des paysans, une jeunesse perdue au lendemain de la révolution culturelle. Cependant, deux de ces nouvelles se distinguent des autres, la première est Tranchant de lune de Mo Yan, prix Nobel de littérature 2012. Le récit commence par la découverte d’un corps sans vie pour glisser peu à peu vers une dimension fantastique. La seconde, incontestablement notre préférée est Deux compagnons de Deng Yiguang, qui relate le parcours de deux loups face à la cruauté de l’Homme.

Autant être honnêtes, avant de lire ces textes nous ne connaissions aucun de ces auteurs, oui aucun, même pas le lauréat du prix Nobel! Cette sélection a eu le mérite d’aiguiser notre curiosité et nous avons décidément envie d’en savoir un peu plus.

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