Le livre du thé // Okakura Kakuzô

Le livre du thé // Okakura Kakuzô

« Aujourd’hui, et ce sur toute la planète, l’industrialisme rend le véritable raffinement toujours plus inaccessible. Jamais l’homme n’a eu autant besoin de la chambre de thé ! » ce qui était vrai il y a plus d’un siècle au moment où Okakura Kakuzô écrit ces lignes, l’est d’autant plus aujourd’hui.

Okakura nous offre dans cet ouvrage une initiation à la conception japonaise de la vie à travers la cérémonie du thé. Cependant, l’auteur tient surtout à montrer sa valeur universelle. Il s’adresse tout particulièrement à un public occidental et dès les premières pages le lecteur est prévenu  « Je n’ai nullement l’intention d’être un théiste poli ». Il commence par le bousculer et lui reproche son ignorance et son arrogance.

Il est ensuite amené à expliquer les différentes façons de préparer ce breuvage exceptionnel. Au delà de la préparation du thé, sont évoqués ici plusieurs courants philosophiques, le Zen, le Bouddhisme, le Taoïsme, le Confucianisme… il nous ouvre ainsi les yeux sur l’immensité des conceptions de la vie.

Ce petit ouvrage a été destiné à un public européen à une époque où le Japon commençait à s’ouvrir au monde. Une vision idéalisée de la culture asiatique avec son raffinement extrême est présentée ici en opposition à la culture Occidentale. Toutefois aujourd’hui, que reste de la chambre du Thé dans le Japon actuel? L’une des plus grandes puissances mondiales, lancée elle aussi dans la course effrénée au développement « Le ciel de l’humanité moderne s’est brisé en éclats dans la lutte cyclopéenne pour la richesse et la puissance. »

« Mais en attendant… si nous savourions une tasse de thé ? »

 

Publicités

Les gens heureux lisent et boivent du café// Agnès Martin-Lugand

Les gens heureux lisent et boivent du café// Agnès Martin-Lugand

Les gens heureux lisent et boivent du café, un titre merveilleux rempli de belles promesses. Ce livre est notre tout premier contact avec Agnès Martin-Lugand qui ne cesse de séduire de nouveaux lecteurs. L’histoire commence brutalement, Diane a perdu son mari et sa fille dans un accident de voiture. Un an plus tard, elle est toujours dévastée, ne sort plus, fume énormément et sa maison s’est transformée en dépotoir. Elle se souvient alors que Colin, son mari perdu, aimait l’Irlande. Elle décide alors de quitter Paris, son café littéraire et part s’y réfugier.

Les premières pages du livre laissaient présager un récit sur le deuil et décrivent de manière poignante la tristesse de Diane. Cette femme inconsolable qui a tant perdu en un instant. Malgré un énorme sentiment de déjà-vu, le début de cette histoire est plaisant. Tout se gatte avec l’arrivée du voisin Irlandais taciturne, Edward. Dès son entrée en scène, on se retrouve empêtré dans un jeu du chat et de la souris entre les deux protagonistes. On suit une histoire d’amour prévisible qui manque totalement de crédibilité. Les personnages sont insipides et les dialogues sont d’une banalité rare.

On ressort de cette lecture déçues, avec un sentiment de gâchis, le personnage de Diane à qui on s’attache au départ perd son intérêt au fil de lecture. On ne retiendra pas grand chose de ce livre sinon que les gens ne sont pas très heureux, qu’ils fument et boivent beaucoup trop et ne lisent pas grand chose.

PS: Une suite de ce roman est sortie mais nous n’avons pas réellement l’envie de retrouver Diane

« Ils étaient partis en chahutant dans l’escalier. J’avais appris qu’ils faisaient encore les pitres dans la voiture, au moment où le camion les avait percutés. Je m’étais dit qu’ils étaient morts en riant. Je m’étais dit que j’aurais voulu être avec eux »

Le phénomène Six of Crows

Le phénomène Six of Crows

Six of Crows est un livre plébiscité par les lecteurs qui ne tarissent pas d’éloges sur ce livre qualifié de « coup de cœur violent », « incroyable », « addictif » et bien plus encore. L’auteure Leigh Bardugo ne s’y trompe pas et dans ses remerciements, elle s’adresse directement aux blogueurs/booktubeurs qui ont largement contribué à son succès. Alors mérite-t-il toute cette attention?

Il s’agit du premier tome d’une série de deux livres. Ce premier opus est basé sur un univers introduit par l’auteure dans une précédente trilogie Grisha, mais qu’il n’est pas indispensable de connaître pour la compréhension de Six of Crows.

Dans Ketterdam, théâtre de rixes entre gangs rivaux, Kaz, jeune malfrat aussi dangereux qu’ambitieux, se voit confier une mission impossible. Pour peu qu’on lui offre une somme d’argent suffisante, il ne recule devant rien y compris pénétrer dans le palais de glace qui est un lieu réputé imprenable afin de voler un précieux trésor. Pour mener cette mission à bien, Kaz décide donc de réunir une équipe aux talents exceptionnels.

La grande force de ce livre réside dans la diversité et la complexité de ses personnages.

  • Kaz, surnommé « Dirtyhands » et qui appartient au gang des Dregs. Il est intelligent, mystérieux et adepte de coup bas. Il a toujours un coup d’avance y compris sur les membres de sa propre équipe.
  • Inej, le spectre, une espionne hors pair.
  • Nina, une grisha redoutable mais sensible.
  • Jesper, le meilleur tireur d’élite des Dregs. Il apporte un peu de légèreté dans cet univers très sombre.
  • Matthias, un ancien Drüskelle, chasseur de Grisha, qui est enrôlé de force dans cette aventure.
  • Wylan, un expert en démolition venu d’un milieu privilégié, qui a quitté le domicile familial pour des raisons que tous ignorent.

Le choix de la narration de Leigh Bardugo est brillant. Le lecteur peut se familiariser avec les personnages puisque tour à tour, chacun d’eux endossent la voix du narrateur . On découvre par la même occasion leur histoire et leurs fêlures. Le récit sur le passé de Kaz est particulièrement glaçant.

Tous les ingrédients sont réunis (de manière presque artificielle) pour séduire les amateurs du genre fantasy: des personnages jeunes entre 16 et 18 ans venus d’horizons différentes (vous finirez bien par succomber à l’un d’eux), un fond de romance, un peu d’humour et une bonne dose de violence. Le succès du livre s’explique également par le travail de l’éditeur, une couverture et des illustrations sublimes. Cela peut paraître futile mais c’est un argument de vente non négligeable, surtout quand il s’adresse à un public majoritairement jeune.

Pour ma part, j’ai trouvé le début du livre laborieux voire pénible. D’ailleurs, c’est bien pour cela que je parle à la première personne puisque ma petite sœur a lâchement abandonné la lecture au premier chapitre. Le lecteur se retrouve plongé dans cet univers sans préambule, noyé dans un trop-plein d’informations. Même si j’ai fini par m’attacher à ces personnages et malgré une fin spectaculaire, je n’ai pas ressenti l’urgence de découvrir la suite.