Une chanson douce // Leïla Slimani

Une chanson douce // Leïla Slimani

Les prix littéraires ont le mérite de mettre en lumière une œuvre, un écrivain. C’est d’autant plus vrai pour Leïla Slimani cette année et tout le monde semble avoir un avis très arrêté sur ce livre et sur la question de savoir s’il mérite ou non le prix Goncourt.

Ce qui est certain c’est que ce fut un de ces livres totalement envoutants que l’on lit d’une seule traite. L’intrigue du livre est pourtant banale, Myriam et Paul partent à la recherche d’une nounou, celle à qui ils pourront confier ce qu’ils ont de plus précieux. Ils finissent par tomber sur la perle rare, Louise, méticuleuse, parfaite puis omniprésente, inquiétante. Le malaise s’installe dans la petite famille, son emprise est trop forte, la Louise serviable et corvéable à merci devient effrayante.

Dans chanson douce, Leïla Slimani explore cette relation si particulière entre des parents et une nourrice. Une relation forcément asymétrique, la rencontre de deux classes sociales de deux mondes différents. La toute première phrase ne laisse aucun doute sur l’issue tragique de l’histoire. Le personnage de Louise est complexe, ses motivations ne sont jamais explicitement exposées. Le lecteur s’accroche au moindre petit détail de son passé pour la comprendre, pour donner un sens à son geste terrible.

Leïla Slimani, nous offre un conte moderne effrayant, dont la force réside dans son écriture  fluide et efficace.

« Elle marchait dans la rue comme dans un décor de cinéma dont elle aurait été absente, spectatrice invisible du mouvement des hommes. Tout le monde semblait avoir quelque part où aller »

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