L’étrange bibliothèque // Haruki Murakami

L’étrange bibliothèque // Haruki Murakami

Onirique,  voilà le mot qui revient toujours quand quelqu’un essaye de décrire l’écriture de Haruki Murakami, ce que nous avons interprété pendant très longtemps comme snob ou à mourir d’ennui! Non, merci! Sans compter qu’avec des dizaines de romans, de nouvelles et d’essais c’est l’un des auteurs les plus prolifiques et on ne savait pas par quel bout l’attaquer!

Mais voilà qu’arrive cette petite nouvelle ou livre graphique, L’étrange bibliothèque! Elle a tout pour séduire, une soixantaine de pages, des illustrations soignées, l’idéal pour faire connaissance avec Haruki Murakami!

Tout commence par une scène banale, un jeune garçon se rend à sa librairie  afin de rendre des livres empruntés. Il ressens immédiatement quelque chose d’inhabituel «La librairie était beaucoup plus silencieuse qu’à l’ordinaire» Alors qu’il veut emprunter un nouveau livre, la bibliothécaire lui indique une porte au sous-sol; la porte 107.

Dans ce mystérieux sous sol il se retrouve aux mains d’un drôle de trio, un vieillard cruel, un Homme-mouton et une jeune fille muette. Le fantastique surgit au milieu d’une scène banale et c’est d’autant plus déroutant que la fracture entre le rationnel et l’irrationnel se situe dans une bibliothèque. La bibliothèque est ce lieu de savoir, le lieu qui renferme la vérité et où notre jeune héro vient se renseigner sur des sujets aussi tangibles que  Comment construire un sous-marin ou le système de collecte d’impôts dans l’Empire Ottoman.

On ressort de cette lecture enchantées mais avec l’impression de ne pas avoir tout saisi! L’envie tout de même de découvrir d’autres œuvres de Murakami! Au final, une lecture étonnante, une atmosphère anxiogène que l’illustratrice Kat Menschik a su retranscrire avec perfection.

«Je frappai à la porte, un toc-toc parfaitement ordinaire, pourtant résonnèrent alors partout alentour des échos sinistres, comme si j’avais cogné à la porte de l’Enfer à l’aide d’une batte de base-ball. Je me retournai, pris d’une forte envie de m’en aller et de rentrer chez moi. Mais je ne m’enfuis pas. J’étais discipliné. Quand on a frappé à une porte, on doit attendre qu’on vous réponde»

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Le livre du thé // Okakura Kakuzô

Le livre du thé // Okakura Kakuzô

« Aujourd’hui, et ce sur toute la planète, l’industrialisme rend le véritable raffinement toujours plus inaccessible. Jamais l’homme n’a eu autant besoin de la chambre de thé ! » ce qui était vrai il y a plus d’un siècle au moment où Okakura Kakuzô écrit ces lignes, l’est d’autant plus aujourd’hui.

Okakura nous offre dans cet ouvrage une initiation à la conception japonaise de la vie à travers la cérémonie du thé. Cependant, l’auteur tient surtout à montrer sa valeur universelle. Il s’adresse tout particulièrement à un public occidental et dès les premières pages le lecteur est prévenu  « Je n’ai nullement l’intention d’être un théiste poli ». Il commence par le bousculer et lui reproche son ignorance et son arrogance.

Il est ensuite amené à expliquer les différentes façons de préparer ce breuvage exceptionnel. Au delà de la préparation du thé, sont évoqués ici plusieurs courants philosophiques, le Zen, le Bouddhisme, le Taoïsme, le Confucianisme… il nous ouvre ainsi les yeux sur l’immensité des conceptions de la vie.

Ce petit ouvrage a été destiné à un public européen à une époque où le Japon commençait à s’ouvrir au monde. Une vision idéalisée de la culture asiatique avec son raffinement extrême est présentée ici en opposition à la culture Occidentale. Toutefois aujourd’hui, que reste de la chambre du Thé dans le Japon actuel? L’une des plus grandes puissances mondiales, lancée elle aussi dans la course effrénée au développement « Le ciel de l’humanité moderne s’est brisé en éclats dans la lutte cyclopéenne pour la richesse et la puissance. »

« Mais en attendant… si nous savourions une tasse de thé ? »